Thérapie de Couple

Sortie du disque « I wanna hold your hand, François » : 10 avril 2026

Hélène Duret - clarinette, clarinette basse
 Théo Ceccaldi - violon
 Vincent Courtois - violoncelle
 Daniel Erdmann - saxophone tenor
 Robert Lucaciu - contrebasse
 Eva Klesse - batterie

 Le sextet Thérapie de Couple nous mène dans les arcanes de la relation franco-allemande, un couple que Daniel Erdmann connait  très bien,  tour à tour moteur de l’Europe et en crise conjugale…

Pour former le groupe (commandé par la Jazzahead, Jazzdor et l’AJC en 2023) Daniel Erdmann a recherché un équilibre entre l’expérience et la nouveauté. Il s'est entouré de musiciens avec lesquels il entretient une complicité de longue date, tout en intégrant de de nouveaux talents pour insuffler une énergie créative. On retrouve ainsi des figures bien connues de la scène jazz comme Théo Ceccaldi et Vincent Courtois, dont l'expérience commune a servi de fondation aux compositions. Pour apporter une nouvelle énergie la jeune clarinettiste Hélène Duret a rejoint l'aventure. Sa sonorité veloutée fait actuellement sensation sur la scène française avec son groupe, Suzanne. 
La section rythmique est quant à elle assurée par deux piliers de la scène jazz allemande de Leipzig : la batteuse Eva Klesse et le bassiste Robert Lucaciu. Leur entente de longue date constitue le socle puissant et fiable sur lequel repose l’ensemble.

Le choix des musicien·ne·s est né de la façon dont Daniel en a imaginé le son. Un son d’orchestre, avec ce mélange de cordes frottées et d’anches, dans des registres graves et médiums, avec une base
rythmique stable et veloutée. Cette orchestration donne la possibilité de travailler par couches, harmonique, mélodique, ou en contrepoint, les deux en même temps.
Au début du projet, aucun rôle n’était défini à l’avance pour les instruments. Si l’impulsion initiale était de composer un morceau pour chaque instrument, le choix des musicien·ne·s a finalement révélé une
écriture beaucoup plus mêlée, un enchevêtrement qui laisse aussi la place à des temps en suspension, à des images qui s’effacent d’elles-mêmes une fois qu’elles se sont révélées.

Liner notes de l’album de Philippe Ochem:

«  A l’écoute de l’album, la polyphonie habitée vers laquelle on glisse d’entrée, mélangeant les anches et les cordes frottées, donne la couleur du projet, immédiatement.
Le son du ténor plane au-dessus, dedans, les questions-réponses se succèdent, la rythmique s’installe.
Qui rythme, qui colore ? L’écriture de Daniel Erdmann se creuse et on improvise dedans.
On construit, on déconstruit, on pense à Berlin la mouvante, ses façades qui souvent cachent des arrière-cours dans lesquelles les chats s’étirent tandis que les oiseaux chantent de très bonne heure.
Joachim Kühn disait que les oiseaux chantaient plus fort à l’Est.
On tangue d’une chanson à l’autre. D’un monde à l’autre.
Les solistes de l’ensemble s’approprient ce matériau avec profondeur. Chacun joue, creuse les pistes ouvertes avec le brio qu’on leur connait. Un ensemble est né.
Un ensemble franco-allemand qui questionne son identité.
L’évocation du Göttingen de Barbara, de Zwei Seelen wohnen ach in meiner Brust du Faust de Goethe disent de ce miroir tendu aux uns et aux autres, allemands et français, dans lequel chacun cherche son propre reflet. Et toi qui es-tu au fond ?
 J’essaye une réponse en forme de question : ne sens-tu pas à mes chants que je suis un et double !?

Goethe fit ses études de droit à Strasbourg entre 1770 et 1771 même s’il aurait préféré l’université de Göttingen mais il souhaitait perfectionner son français.
L’histoire continue »